Beaucoup de personnes se passionnent pour ces deux disciplines. Qu’y a-t-il de commun entre la philosophie et la psychanalyse ?pensee  Voici les réflexions d’un picologue plutôt scientifique…

La philosophie et la psychanalyse

Avant d’aller dans le comment, parcourons le pourquoi. Voici les origines grecques et Freudienne…

  • La philosophie, l’amour de la sagesse, vient d’Athènes comme support de réflexion pour la conduite de la cité. Les premiers philosophes dûment référencés sont Socrate, Platon et Aristote. Socrate se suicida, son disciple Platon déclara que « nul ne pouvait entrer dans son Académie s’il n’était géomètre« . Le disciple de Platon, Aristote déclara entre autres qu’un corps lourd tombe plus vite qu’un corps léger.
  • La psychanalyse fut popularisée par Sigmund Freud qui prit comme référence le complexe d’Oedipe en l’appliquant à la famille, postulant que tout fils veut séduire sa mère et tuer son père qui veut aussi le tuer. Il n’inventa pas la psychanalyse mais reprit le mot pour se l’attribuer.

Ainsi la philosophie est plutôt orientée vers la société et la psychanalyse vers une introspection personnelle. Qu’ont-elles en commun ? Le succès marketing et deux approches similaires dénuées de démarche scientifique.

Un succès marketing

Il suffit de voir les ventes de livres en philosophie et en psychanalyse pour observer le succès de ces deux disciplines. A la FNAC, ces deux thèmes prennent beaucoup de place.

Philosophie et psychanalyse

Et le livre plagiat (il a été écrit par Julius Heuscher) de Bettelheim sur les contes est toujours le coup de cœur du vendeur.

Contes

Alors que ce livre n’est qu’une justification des théories de la psychanalyse.

Une démarche commune

Dans les deux cas, nous observons une démarche peu scientifique, sans objectif, sans observation et sans concepts clairs, se reposant uniquement sur la fidélité aux prédécesseurs qu’il importe de citer à tout va, les philosophes grecs, Freud ou Lacan.

Pas d’objectif

Dans les deux cas, l’objectif demeure inconnu :

  • La philosophie aujourd’hui n’aide pas à aller mieux dans son corps ou dans son esprit car elle n’est ni psythérapie, ni méthode de communication. Elle n’aide pas non plus à être en paix avec sa mort car beaucoup de philosophes d’aujourd’hui pensent, tout comme Nietzsche que « Dieu est mort » et préfèrent se suicider comme Socrate, Deleuze, Empédocle, Gorz, Koestler, Sénèque…
  • La psychanalyse n’aide pas non plus à aller mieux car elle s’attache à retrouver, grâce aux rêves, l’origine refoulée du symptôme dans un inconscient et non à guérir du symptôme. C’est ce qu’on appelle le complexe de l’archéologue, qu’il faut creuser profond pour comprendre et aller mieux, ce qui peut être complètement inutile.

Les observations sont absentes

Une démarche scientifique s’appuie sur l’observation, fait l’hypothèse d’un modèle et confronte ce modèle à la réalité. Par exemple, Galilée découvre que deux corps de masses différentes tombent à la même vitesse. Elle répond à la question « comment ? » et non « pourquoi ? » Comme le dit Newton :

Je peux vous dire comment, mais pas pourquoi.

L’objectif d’une discipline scientifique est donc de « prévoir » un phénomène à l’aide d’équations ou de modèles. En philosophie et en psychanalyse, nous n’avons ni objectif, ni phénomènes observés. Le résultat des théories de Freud fut catastrophique ; voyez ce que sont devenus ses patients. Il est aussi impossible de déduire la méthode de Jung en lisant ses mémoires. Quant au langage, vous avez de la chance si vous y comprenez quelque chose. Voici quelques exemples…

Le langage est abscons

Dans les deux cas, nous avons un langage incompréhensible et incohérent où les concepts sont inexistants. Voici quelques exemples de textes philosophiques et psychanalytiques et de références croisées passées ou récentes.

Le langage philosophique

Non seulement le langage est obscur, mais, de plus, il se doit d’être émaillé de références à d’autres auteurs tout aussi obscurs pour prouver sa valeur.

Voici l’exemple de Spinoza et ses Axiomes de l’Éthique :

  1. Toutes les choses qui sont, sont ou bien en soi, ou bien en autre chose.
  2. Ce qui ne peut être conçu par autre chose, doit être conçu par soi.
  3. D’une cause déterminée donnée, suit nécessairement un effet, et au contraire, si nulle cause déterminée n’est donnée, il est impossible qu’un effet suive.
  4. La connaissance de l’effet dépend de la connaissance de la cause et l’enveloppe.
  5. Les choses qui n’ont rien de commun l’une avec l’autre ne peuvent non plus être comprises l’une par l’autre, autrement dit le concept de l’une n’enveloppe pas le concept de l’autre.
  6. Une idée vraie doit convenir avec l’objet qu’elle représente.
  7. Tout ce qui peut être conçu comme non existant, son essence n’enveloppe pas l’existence.

« Si nulle cause déterminée n’est donnée, il est impossible qu’un effet suive. » Donc, comme on ignore la cause de la gravité, celle-ci n’existe pas.

Après Freud, les philosophes se doivent de citer non seulement des philosophes, mais aussi des psychanalystes tels que Freud, Lacan... Voici l’exemple d’une recension d’un ouvrage philosophique dans Libération :

Ce à quoi la psychanalyse lacanienne répond que « dans tout acte manqué, il y a un discours réussi »…. A partir de là, Charles Pépin souscrit à l’ontologie nietzschéenne selon laquelle on ne peut rien à ce qui est, sinon apprendre à connaître cet état de fait, que l’on ne peut vouloir.

Les auteurs confondent souvent bibliographie et vérité, académisme et recherche. Comme vous avez une référence à Nietzsche et Lacan, c’est sûrement profond… Sans oublier d’utiliser des références analytiques et de qualifier la société ou la situation d’autiste, de névrotique, d’obsessionnel ou de schizophrénique.

Le langage psychanalytique

La psychanalyse se doit de renvoyer l’ascenseur à la philosophie. J’ai sélectionné un passage d’Anzieu dans son livre Le corps et l’œuvre.

Dans ces romans sans intrigue et ou il n’y aurait que de pures réalités, nous est montré le vécu de ce que Bouvet a appelé la relation à distance avec l’objet, relation typique de la névrose obsessionnelle. Le monde réel de l’obsessionnel est tout entier infiltré de son fantasme ; le fantasme n’est plus dans son esprit, qui redevient ainsi innocent ; il est dans les choses et les choses le cachent, car chacun pense que la réalité extérieure existe en elle-même. L’obsessionnel mise sur le réalisme philosophique de son interlocuteur : ce n’est pas mon fantasme, nous dit l’obsessionnel ; c’est la réalité qui est ainsi.

Ainsi, c’est la collusion entre la psychanalyse et la philosophie et Freud fait partie des philosophes enseignés en Terminale.

Des références croisées

Les psychanalystes se doivent de citer leur maître et d’autres disciples pour étayer leur propos. Voici un extrait de la table des matières d’Anzieu dans le Moi-peau, un ouvrage souvent cité par les psychanalystes.

Des précurseurs du moi : Freud et Feder.

  • Freud et la structure topographique du mois. L’appareil du langage, l’appareil psychique, des barrières de contact, le moi comme interface, perfectionnement du schéma topographique de l’appareil psychique.
  • Feder et le sentiment du moi, un sentiment de fluctuation des frontières du moi.

Vous avez bien lu « la fluctuation des frontières du moi est un sentiment en psychanalyse ». C’est la même chose en philosophie. Vous ne pouvez philosopher si vous ne faites appel à une réflexion d’un de vos maîtres. Comme si de le citer rendait le propos vrai… E pur, si mueve.

En conclusion, confortons nos croyances

Nous sommes bien dans des domaines où la croyance prime sur la connaissance, où le prêtre est plus important que l’instituteur, tout comme dans les religions. Le sous-titre d’un livre récent est « Un moine, un philosophe, un psychiatre nous parlent de l’essentiel« . L’essentiel de quoi ?

Pour aller plus loin

Deux livres très amusants :

Deux livres de Michel Onfray

D’autres sur la psychanalyse

Si vous avez des remarques, laissez-moi un commentaire.

Philosophie et psychanalyse, deux mondes de croyants
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